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"Expériences touristiques" localo-locales

Le site internet Happy Bourgogne, lancé le 10 mai 2017, agrège déjà une cinquantaine de propositions touristiques émanant de petites structures établies sur le territoire.

 

Une plateforme régionale, conçue par des acteurs locaux pour promouvoir et commercialiser l’offre touristique de la Bourgogne : tel est l’objet de Happy Bourgogne dont Benjamin Magnen est à l’initiative (1). "À un moment où Booking ou Airbnb développent de nouveaux services dans l’e-tourisme", avec Booking experiences et Airbnb experiences, Happy Bourgogne se pose comme une alternative à ces "mastodontes basés on ne sait où", "qui asservissent les territoires", explique Benjamin Magnen, le président de la SAS implantée à Dijon, reconnue entreprise de l’économique sociale et solidaire.

La plateforme Happy Bourgogne permet aux acteurs locaux (en priorité les petites structures qui ne disposent pas de site internet marchand) de proposer aux visiteurs une "expérience" touristique qu’ils peuvent réserver et acheter en ligne. L’offre est organisée en quatre grands thèmes : vin et gastronomie ; patrimoine et artisanat ; sport et nature ; insolite et inclassable. Pour le lancement du site, le 10 mai 2017, une cinquantaine de prestataires sont déjà positionnés, dans des domaines très divers. Parmi eux : un cultivateur de safran, une éleveuse de lamas, un animateur de stages de survie, un hypnothérapeute…

Une place de marchés

Si la plateforme sera, dans sa version 2, traduite en anglais, elle est aujourd’hui exclusivement en français, les porteurs du projet visant en premier lieu le tourisme de proximité. "Les Bourguignons seront les premiers utilisateurs de notre plateforme", avance même Benjamin Magnen. Qui précise : "Nous ne sommes pas une agence de voyage en ligne mais une market place, une place de marchés, qui met en relation une offre et une demande". C’est un "pari" qui repose sur une conviction : "la recherche d’échanges authentiques" au-delà de la simple "consommation touristique".

"Notre modèle économique est le plus éthique possible", souligne également le président de la SAS, qui veut s’inscrire dans la "net économie solidaire". Il a d’ailleurs reçu le soutien de Bourgogne Active (un fonds de financement solidaire) et il compte, parmi ses huit actionnaires, le générateur d’entreprises sociales  Go’Up.

La rémunération des porteurs d’expérience est "supérieure à ce qui est pratiqué généralement dans le secteur", détaille Benjamin Magnen. Les revenus de la plateforme proviendront des visiteurs (sous forme de frais de réservation représentant 5% du prix de vente) et des prestataires (sous forme de commission représentant 20% du prix de vente). L’équilibre financier ne devrait être atteint que dans les deux ans, lorsque l’offre aura été étoffée et que le nombre de transactions atteindra un volume suffisant pour faire vivre la structure, qui compte aujourd'hui deux salariés en CDI.

 

(1) Benjamin Magnen a repris en 2012 la gestion du groupe familial Calova, créé dans les années 1990 par son père, Philippe Magnen, fondateur de Bericap, aujourd’hui décédé. Il est par ailleurs le fondateur de la Péniche Cancale à Dijon, et il a contribué à développer des projets culturels tels que le Tribu Festival ou la Coursive Boutaric.

 

En savoir plus
http://www.happybourgogne.com/