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La Boite de jeu réconcilie commerce traditionnel et numérique

Basé dans la campagne dijonnaise, Benoit Bannier dirige une jeune entreprise du domaine de l'édition de jeux, et crée un nouveau modèle économique à partir du crowdfunding.
 

 

En finançant son dernier né (un jeu baptisé Outlive) par le biais du crowdfunding, la maison d’édition La Boite de jeu aura levé cette année 400.000 euros (pour 35.000 demandés), qui correspondent à 7.000 exemplaires pré-vendus. "Autant dire que les boutiques et les distributeurs ne sont pas favorables à cette désintermédiarisation", dit Benoit Bannier, co-fondateur de la SARL dont il est le gérant salarié.

Comment, dans ces conditions, réconcilier deux mondes qui se tirent dans les pattes ? Son idée, sur un modèle économique en construction avec son distributeur (Blackrock Games), pourrait faire école. Parmi les 400 points de vente spécialisés en France, 90 ont accepté d’être les partenaires de sa campagne de crowdfunding, en mai 2016. Quatre-vingt-dix points de vente où les "backers" (donateurs) pourront retirer leur jeu dont la sortie en magasin est prévue au printemps 2017. La Boite de jeu réduit ainsi la somme des frais d’expédition de ses backers en leur proposant un retrait gratuit tandis que les commerçants, plutôt que d’être évincés à la faveur d’une économie parallèle, sont rétribués. "Cela a un coût pour nous mais, dans le temps, nous avons intérêt à faire cet investissement", estime Benoit Bannier. Le tissu commercial est, de fait, essentiel pour dynamiser le marché –ne serait-ce que pour "recruter" de nouveaux joueurs et les guider dans leurs premiers pas.

Connecté 24/24

Titulaire d’un master en science politique, le jeune entrepreneur est devenu un expert du financement participatif, qu’il mobilise avec ses trois associés pour chaque nouveau projet. "Pendant une campagne de crowdfunding, il faut être connecté quasiment 24 heures sur 24, pour pouvoir répondre tout de suite et réagir très vite s’il faut éteindre un début d’incendie", explique-t-il notamment, pour expliquer le succès qu’il a rencontré en ligne. Il s’appuie donc sur un community manager. Lors de la dernière campagne, en mai 2016, les deux hommes ont géré 2.000 messages sur le fil d’activité et près de 900 mails, venus de tous les pays où La Boite de jeu –depuis Belleneuve, en Côte-d’Or– a posé le pied: les Etats-Unis, la Pologne, le Japon…

Depuis la sortie du son premier jeu en 2014, la maison d’édition a en tout cas réussi son implantation dans un milieu plutôt prolifique, avec près de 700 nouveautés par an rien qu’en France. 10’ minutes to kill, sorti en 2015, s’est vendu à 25.000 exemplaires. Outlive, lui, sera tiré d’emblée à 24.000 exemplaires. C’est ce qui permet à la SARL, aujourd’hui, de recruter ses deux premiers salariés. Outre Benoit Bannier –qui était, jusqu’en décembre 2016, en poste à l’Agence régionale de santé–, La Boite de jeu intégrera en juillet prochain une nouvelle recrue, l’un des trois associés qui, aux côtés du gérant, a mis des billes dans cette affaire plus que prometteuse.

Trois nouveautés par an

De 600.000 euros de chiffre d’affaires en 2016, La Boite de jeu espère passer à un million en 2017, en accélérant le rythme de production. L’objectif: proposer trois nouveautés par an dans les deux prochaines années. "Pas plus, pour ne pas se vampiriser soi-même", souligne Benoit Bannier. Alors qu’il est l’auteur des premiers jeux, il a cette fois signé avec des auteurs, qui lui ont apporté une règle du jeu et un prototype.

 

 

 

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