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Cara Celli : les dessous d’une marque bourguignonne

Installée plaine de Saône, Sylvie Ducrocq a créé une marque de lingerie féminine de luxe qui séduit les distributeurs spécialisés, tout en préservant son caractère exclusif.

 

Schiaparelli, Versace, Fendi et maintenant Cara Celli : en adoptant une couverture exotique, à consonance transalpine, Sylvie Ducrocq ne fait que s’approprier les codes de la mode et du luxe. La couturière, ex-secrétaire reconvertie dans la confection depuis maintenant bientôt 15 ans, voit grand. Depuis son atelier de Losne, elle a conçu sa propre collection de lingerie, qu’elle a officiellement lancée en janvier 2017 au salon international de la lingerie de Paris. Un salon professionnel, leader dans le monde, qui réunit les marques de lingerie – des plus connues aux plus confidentielles. "J’y ai présenté une quinzaine de pièces", essentiellement des nuisettes et des caracos, détaille Sylvie Ducrocq. Les modèles, qu’elle a créés elle-même "de A à Z", "sont à la frontière du prêt-à-porter : ils peuvent être utilisés en tenue de jour".

Les commerçants indépendants pour relais

Satin, soie naturelle, dentelle de Calais, organza, ornements signés Swarovski : les articles signés Cara Celli cultivent un côté précieux et exclusif. "Les femmes aiment avoir des produits plus personnalisés" que ce que proposent la plupart des lingeries, souligne Sylvie Ducrocq, qui a déposé toutes ses créations à l’INPI.

Au total, pour lancer sa marque, la couturière a investi près de 10.000 euros auprès de plusieurs agences, parmi lesquelles une agence photo (pour présenter sur mannequin les modèles figurant dans son catalogue) et une agence web (pour développer son site internet). "Mon site n’est qu’une vitrine, pas un site marchand, précise Sylvie Ducrocq. Parce que, pour conserver le côté ‘exclusif’, il me paraît important de m’appuyer sur un réseau de commerçants indépendants." En Côte-d’Or, Sylvie Ducrocq a ainsi déposé quelques modèles dans la boutique Un Temps pour elle, à Dijon, avant la sortie de sa première véritable collection à l’automne.

Démarcher les commerçants dans les grandes villes de France : c’est ce à quoi la couturière s’est attelée après avoir rencontré, à Paris, un grand nombre de distributeurs étrangers (italiens, belges, espagnols…). Les commandes commencent à arriver pour des articles qui, en magasin, seront commercialisés entre 200 et 300 euros. L’atelier de Losne ne saura seul y pourvoir : les pièces seront fabriquées dans un atelier de confection, en région Auvergne-Rhône-Alpes, capable de produire des petites et des moyennes séries.