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Benjamin Delage, entre bar à vins et steakhouses

L’entrepreneur dijonnais, qui a créé un bar à vins au centre de Dijon, investit aujourd’hui dans le développement d’une enseigne nationale de restaurants américains de qualité.

 

Benjamin Delage aime les bons mots de Michel Audiard. Le bar à vins qu’il a ouvert à Dijon s’appelle "La Cave se rebiffe". Le lieu n’est ouvert que trois soirs par semaine. L’adresse se refile entre amateurs de bons vins à déguster dans un décor élégant, accompagnés de planches de charcuteries ou de fromages. Et elle fait même table d’hôtes. C’est l’un des trois seuls établissements de la ville repérés par le guide urbain branché "Le Fooding", qui attire ici une clientèle parisienne étrangère en quête de lieux authentiques où la qualité des produits se marie avec une vraie atmosphère de bistrot.
Quand il crée sa Cave qui se rebiffe, en 2012, Benjamin Delage travaille encore chez SDV, l’un des plus gros importateurs et distributeurs de produits alimentaires venus d’Amérique ou d’Asie. Il est alors, depuis 11 ans, responsable commercial au sein de cette enseigne, affecté à l’Est et au Nord de la France. C’est pour mieux rayonner dans sa zone de chalandise, tout en profitant de la qualité de vie d’une ville à taille humaine, qu’il s’installe à Dijon en 2002. Et c’est donc là, rue Vannerie pour être précis, que ce Tourangeau d’origine investit 160.000 euros pour créer son bar à vins. Une belle manière de faire partager sa passion pour les bons crus, d’où qu’ils viennent en France et en Europe, beaucoup d’entre eux sortant directement de sa cave personnelle. "Ma carte est une synthèse entre une offre de vins conventionnels et de vins nature que j’ai moi-même sélectionnés. Je connais personnellement quasiment tous les viticulteurs chez qui je me fournis."

Des restaurants américains vintage et qualitatifs

Mais Benjamin Delage aime aussi bien manger. Son expérience chez SDV l’a amené à rencontrer pas mal de patrons de restaurant. Et c’est avec deux d’entre eux qu’il fonde, en 2014, Little Big Jack, une enseigne de restaurants américains qui compte déjà quatre adresses (Amiens, Abbeville, Beauvais et Valence) et dont le siège est à Dijon. Mobilier des années 1960 chiné, vieille américaine qui trône au beau milieu de la salle : le décor, conçu par le cabinet dijonnais d’architecture d’intérieur Kjibi, est clairement vintage, et ça cartonne. "Le concept est celui d’un steakhouse où nous proposons une viande de grande qualité. À l'ouverture du premier restaurant, nous avons décidé de frapper fort et de compter parmi nos fournisseurs la maison Metzger à Rungis, célèbre boucher parisien. Notre saumon est à 28 euros le kilo. Du jamais vu dans ce genre de restaurant ! Et nos œufs sont 'plein air'."
La qualité prime, donc, dans ces restaurants qui contribuent à "apporter de la qualité dans les périphéries de villes, où nous sommes implantés". Chaque nouvelle adresse (sous licence de marque) représente 250.000 euros d’investissement (hors fonds de commerce) et permet la création de 10 à 16 emplois, donnant corps à un groupe dont le chiffre d’affaires dépasse déjà les quatre millions d’euros de chiffre d’affaires. Au gré des opportunités –des restaurants à reprendre, bien situés–, Little Big Jack entend se développer dans d’autres villes. "À Dijon pourquoi pas", glisse Benjamin Delage.